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Et la spiruline, c’est vrai que ça a de supers effets ? », « Le lait, c’est bon ou mauvais pour la santé ? » « C’est vrai que si je mange de la viande je vais avoir un cancer ? ». Il est temps de mettre au clair toutes ces questions et d’abattre les mythes populaires qui concernent l’alimentation, observons ici ce qui est  » bon pour la santé « .

 

 

Au Sommaire…
Aucun aliment n’est mauvais pour la santé
Pas d’aliment diabolique, pas d’aliment miracle non plus
L’excès d’un côté et de l’autre
Et les pesticides dans tout ça ?
Lien entre alimentation et cancer, mythe ou réalité ?
La recherche absolue du manger sain devient un problème psychologique

 

 

Aucun aliment n’est mauvais pour la santé

Aucun aliment n’est mauvais en soi. Je ne soulignerais jamais suffisamment le « AUCUN ».
Chaque aliment présente un certains nombres d’intérêts (vitamines, fibres, protéines ect…). Certains présentent plus d’intérêt que d’autres : ils contiennent naturellement beaucoup de nutriments. C’est par exemple le cas des légumes.
Certains présentent très peu d’intérêt, ils sont faibles en nutriments. Ils sont même parfois riches en inconvénients, par exemple riche en graisse et graisse dite trans dont le lien avec maladies cardio-vasculaire et obésité est connu[1]. C’est par exemple le cas des produits industriels et des fast-foods.

« Tout est poison, rien n’est poison, tout est dans la dose » – Paracelse

Mais alors si ces produits contiennent des graisses favorisant l’apparition de maladies pourquoi ne peut-on pas dire qu’ils sont mauvais pour la santé ?
Parce que c’est la quantité consommée qui va les rendre dangereux. De plus le fast-food ; outre ses inconvénients, peut présenter des avantages. En effet, en quantité raisonnable il apporte un plaisir psychologique et neurophysiologique qui est loin d’être négligeable et qui participe à mon sens à une bonne santé.
En clair un fast-food de temps en temps n’est pas mauvais pour la santé et participe à un plaisir psychologique et social normal !

Pas d’aliment diabolique, pas d’aliment miracle non plus

Il n’y a donc pas d’aliment qui doit être diabolisé, seule la quantité consommée peut avoir un impact sur la santé[2]. Par ailleurs, reprenant la citation de Paracelse, « tout est poison ». Ce qui signifie qu’un aliment, même s’il a beaucoup d’avantage, consommé en excès peut présenter des inconvénients également.
De même qu’il n’y a pas d’aliments mauvais en soi, il n’y pas d’aliments miracles non plus. Aucun aliment à lui seul ne peut être considéré comme un médicament : un jus de citron ne peut à lui seul brûler des graisse ou nettoyer le corps…[3] Seule une alimentation équilibrée et diversifiée établie sur le long terme peut avoir un effet bénéfique sur la santé[4]. C’est la seule alimentation  » bonne pour la santé « .

L’excès d’un côté et de l’autre

Les personnes se demandent souvent si elles devraient supprimer ou non un aliment dans une optique de santé. Comme nous l’avons vu c’est l’excès de consommation d’un aliment qui peut le rendre néfaste. Mais c’est aussi l’excès inverse, la non consommation trop importante d’un groupe d’aliment qui peut-être dangereux pour la santé, entraînant  bon nombre de carences.[5]

Et les pesticides dans tout ça ?

Si la présence de pesticide est bien réelle dans les aliments et notamment les fruits et légumes, les différentes études réalisées en France et dans d’autres pays montrent que ces derniers ne sont utilisés qu’en quantité non dangereuse pour l’homme[6]. Même si certains composés peuvent être toxiques, encore une fois, c’est la quantité ingérée qui peut être dangereuse. La diversité de l’alimentation demeure donc synonyme de bonne santé[7].

Une étude récente cible cependant la dangerosité de certaines substances présentes dans l’alimentation : les perturbateurs endocriniens[8]. Ces composés, même ingérés en faible quantité, auraient une influence néfaste sur la santé[9]. L’ANSES est vigilant sur ce point[10] et le bisphénol A est par exemple aujourd’hui interdit en France[11]. Par ailleurs, si le lien entre ces substances et les maladies est clair chez les animaux, il est difficile de faire la même vérification chez l’homme[12].

En clair, la quantité de substances dans les aliments ne présente pas actuellement de danger avérés pour la santé. Il est cependant possible que nous n’ayons pas encore le recul suffisant pour pouvoir apprécier la dangerosité globale de ces substances.  Les études scientifiques continuent de les évaluer.
Les perturbateurs endocriniens et les métaux lourds sont actuellement les seuls substances qui même a petite dose ont effets délétères sur la santé.

Lien entre alimentation et cancer, mythe ou réalité ?

Le lien entre alimentation et cancer existe[13]. Il est cependant nécessaire de la relativiser. Un même aliment est considéré par certaines études comme protégeant du cancer et d’autres le considèrent comme le favorisant[14]… Il faut donc rester prudent sur les aliments cancer ou anti-cancer et se baser sur ce qui fait actuellement foi dans le monde scientifique, une consommation importante de fruits et de légumes et une consommation surveillé de produits gras et sucrés.
Rappelons encore une fois qu’il ne s’agit pas de se nourrir exclusivement de légumes, ni de bannir les produits gras et sucrés, mais d’augmenter la consommation de l’un et de diminuer ou surveiller la consommation de l’autre.

Medical_studies-05.0

(http://www.vox.com/2015/3/23/8264355/research-study-hype)

La recherche absolue du manger sain devient un problème psychologique

Nous sommes souvent face à ce paradoxe : c’est dans les pays encadrant et protégeant le plus les produits alimentaires que la peur du mal manger est la plus forte. Cette angoisse de l’ingestion d’aliments mauvais pour notre santé, toxique peut amener à un trouble psychologique appelé orthorexie. Les personnes orthorexiques contrôlent de manière obsessionnelle leur alimentation, traquant les aliments qu’ils croient toxiques. Cette gestion rigide de l’alimentation amène à de l’anxiété, de l’isolement social et à des symptômes dépressif[15].
L’influence de la société et son changement culturel me paraît être le principal facteur d’émergence de cette pathologie. Les messages anxiogènes sur l’alimentation sont aujourd’hui nombreux et les industriels ou professionnels de santé ne rassurent pas du tout les consommateurs[16]. L’individu devient alors de plus en plus prudent, méfiant et inquiet. Le contrôle absolu devient alors la seule solution pour éviter le danger sanitaire…

 

En résumé :

Aucun aliment n’est mauvais en soi

Certains aliments présentent des bénéficies pour la santé, les consommer en grandes quantités peut-être intéressant

Certains aliments consommés en excès peuvent au contraire présenter des risques pour la santé, il faut surveiller leur consommation

Le manger sain ne doit pas devenir une obsession, la diversité reste une base sûre pour une alimentation saine.

Le plaisir ne doit pas être oublié

 

 

 

Notes & Bibliographie

 

[1] ANSES (2011). Actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras. Rapport d’expertise collective (Saisine n° 2006-SA-0359, ANC AG). Paris.

[2] Menu, Estelle. (2012). Bruxelles : Louvain la neuve : De Boeck supérieur

[3] ANSES. (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Paris

[4] Van’t Veer P, 2000 – Terry P, 2001 – InVS, 2005

[5] Hercberg, S. (2009). « L’alimentation peut réduire le risque de cancer de 20 à 50 % » . Le Monde. http://www.lemonde.fr/planete/chat/2009/07/02/quels-sont-les-liens-entre-alimentation-et-cancer_1214555_3244.html#c4FPZs44wyZ9ZutE.99

[6] ANSES (2001). Etude de l’alimentation française 2 (EAT2) Tome 2 – Saisine n° «2006-SA-0361»

[7] Hercberg, S. Ibid

[8] Vandenberg, Laura and co. (2012). Hormones and Endocrine-Disrupting Chemicals: Low-Dose Effects and Nonmonotonic Dose Responses. The Endocrine Society. DOI : http://dx.doi.org/10.1210/er.2011-1050#sthash.oKmUCZQs.dpuf

[9] Ibid

[10] Foucart, S. (2012). La toxicité de dizaines de substances sous-évaluée dans Le Monde. :http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/26/la-toxicite-de-dizaines-de-substances-sous-evaluee_1675531_3244.html#G5zWlbFZwIJeZmuq.99

[11] loi n°2012-1442 du 24 décembre 2012

[12] Vandenberg, L. Ibid

[13] Hercberg, S. Ibid

[14] Schoenfield and loannidinis, American Journal of Nutrition

[15]Bratman, S. (2001). Health Food Junkies. Orthorexia Nervosa : Overcoming the Obsession with Healthful Eating. Broadway Books. New York. 2001

[16] Fischler, C. (2013).  Les alimentations particulières. Mangerons-nous encore ensemble demain? Paris.  Edition Odile Jacob

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