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Souvent lié à la chasse au sucre, le diabète de type 1 est une maladie qui demande une bonne compréhension pour pouvoir être géré au quotidien. Maladie de l’Insuline et non du sucre, ouvrons notre dossier diabète de type 1.

Au Sommaire

Partie I : Connaître la maladie
I – Qu’est-ce que le diabète ?
II – Le mécanisme du diabète de type I
Raison de l’apparition du diabète
Physiopathologie du diabète
Signes alertant sur l’apparition d’un diabète
Conséquence du diabète sans traitement
Diagnostic d’un diabète de type I
III – Traitement
IV – Importance d’un traitement adapté et d’une glycémie équilibrée

Partie II – Le diabète au quotidien
I – Le diabète n’est pas une maladie du sucre mais une maladie de l’insuline
II – La gestion des repas au quotidien
Equilibre et diversité : la clef
Il est important de connaître ses besoins
Compter ses glucides
Connaître son type de traitement
Zoom sur le Basal Bolus et l’Insulino thérapie fonctionnelle
III – De l’importance de ne pas abolir les sucres rapides
IV – Les cas fréquents d’interrogation

diabète de type 1

Partie I : Connaître la maladie

I – Qu’est-ce que le diabète de type 1 ?

Le diabète est une maladie qui concerne la régulation de la glycémie. Le sucre qu’il soit lent ou rapide (les glucides) est le seul carburant du corps. Le corps va chercher à maintenir un taux constant de sucre dans le sang, la glycémie. S’il y a trop peu de sucre dans le sang on parle d’hypoglycémie et s’il y a trop de sucre dans le sang on parle d’hyperglycémie.
Dans le cas du diabète, le corps ne peut pas ou mal utiliser ce sucre.
Dans le cas du diabète de type I, le corps ne peut pas du tout l’utiliser, il faut donc un traitement à vie. Ce type de diabète se déclare tôt dans la vie (enfance ou adolescence).
Dans le cas du diabète de type II, le corps peut mal utiliser le sucre. Ce type de diabète se déclare en général après 40 ans.

Ci dessous une petite bande dessiné pas mal sur le diabète à télécharger en cliquant sur l’image :

Bande dessiné diabète

II – Le mécanisme du diabète de type I

Raison de l’apparition du diabète de type 1

Le diabète est une maladie auto-immune[1] ; c’est-à-dire qu’elle est créée par le corps lui-même. Selon l’Inserm[2], le diabète de type 1 représente 13,5 cas pour 100 000 enfants de moins de 15 ans en France. La moitié des cas se déclare avant l’âge de 20 ans. La maladie augmente de 3 à 4% dans la majorité des pays et l’apparition du diabète se fait de plus en plus jeune. La cause de cette augmentation d’apparition du diabète est encore incertaine.

Physiopathologie du diabète de type 1

Pour utiliser le sucre comme carburant, le corps doit produire de l’insuline[3]. L’insuline permet de transporter le sucre dans les différentes cellules du corps pour qu’il puisse l’utiliser. Dans le cas du diabète de type I, le corps ne produit plus d’insuline[4]. Le sucre reste alors bloqué dans le sang sans pouvoir être utilisé. Le diabète est donc appelé insulino dépendant. Ce sont les cellules Béta du pancréas qui sont touchées.

Signes alertant sur l’apparition d’un diabète de type 1

La personne à faim et mange beaucoup mais pourtant elle perd du poids : le sucre ne pouvant être correctement absorbé par le corps, la personne ne peut combler sa faim. Elle ne peut pas non plus utiliser le sucre comme carburant, elle utilise alors les réserves de graisse et musculaires. Elle perd donc du poids.
La personne a également très soif et l’eau ne comble pas non plus sa soif. La personne va  très souvent uriner : la forte consommation d’eau tente d’éliminer le sucre accumulé dans le sang via les urines. Les urines sont par ailleurs odorantes.
Ce sont les signes d’une hyperglycémie.

Conséquence du diabète de type 1 sans traitement[5]

Le corps n’est pas fait pour fonctionner avec les réserves de graisses et de dégrader le muscle. Par cette utilisation, un déchet acide est produit : les corps cétoniques. Ces corps cétonique acidifient[6] le corps et une utilisation trop importante conduit à un coma et à la mort[7].

Diagnostic d’un diabète de type I

Diagnostic selon l’OMS[8] : En pratique le plus souvent au moment du diagnostic :
glycémie à jeun (gramme de sucre dans le sang sans avoir manger)  ≥ 1,26 g/l à deux reprises Glycémie lors du diagnostic ≥ 16,4 mmol/l ou 3g/l

Acidose (intoxication à cause de l’acidité)
Cétonurie (présence de corps cétonique toxique dans les urines)

Signes cliniques relatifs à l’hyperglycémie

glycémie à jeun (gramme de sucre dans le sang sans avoir manger)  ≥  2g/l avec des signes d’hyperglycémie

On retrouve aussi au moins un des auto-anticorps qui permettent de confirmer le diagnostic, il s’agit de l’anti-îlot (ICA), anti-insuline (IAA), anti-décarboxylase de l’acide glutamique (GAD) et anti-tyrosine phosphatase membranaire (IA2).

Le traitement journalier est indispensable

III – Traitement

A ce jour il n’existe pas de moyen de guérir du diabète de type I. Le traitement consiste à donner au corps l’insuline qu’il ne produit plus. L’idée est de maintenir une glycémie entre 0.70g/l et 1.10g/l à jeun. L’important est donc de donner la bonne dose d’insuline au corps pour qu’elle soit suffisante par rapport aux sucres apportés par les repas, mais pas trop importante, sinon risque d’hypoglycémie.

IV – Importance d’un traitement adapté et d’une glycémie équilibrée

On appelle diabète équilibré une glycémie qui est maintenue entre 0.70g/l et 1.10g/l pendant plusieurs mois. On utilise l’hémoglobine glyquée (HbA1C) qui permet d’avoir une moyenne de la glycémie. (Comme toute moyenne elle peut paraître équilibrée alors qu’il y a eu de gros déséquilibres d’un sens comme dans un autre).
Maintenir une « glycémie normale » est particulièrement important. S’il la personne est souvent en hyperglycémie, trop de sucre dans le sang, le sucre va détériorer les vaisseaux sanguins irriguant de nombreuses parties du corps.  Il ya donc un risque accru d’AVC et de risque de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance rénale (le rein s’épuise à essayer d’éliminer le glucose dans le sang), de rétinopathie (altération de la vue) ou encore le « pied diabétique » où la personne risque une amputation.

Partie II – Le diabète de type 1 au quotidien

I – Le diabète de type 1 n’est pas une maladie du sucre mais une maladie de l’insuline

Le diabète n’est pas une maladie du sucre. C’est une maladie de l’insuline. Souvent la réaction ou même parfois les conseils entendus sont d’interdire le sucre rapide et parfois même les glucides. Non, comme dit précédemment les glucides sont les seuls carburants du corps, ils sont indispensables pour le bon fonctionnement de l’organisme.
Une personne diabétique a une alimentation similaire aux autres personnes. C’est le traitement d’insuline qui s’adapte à l’alimentation.

II – La gestion des repas au quotidien dans le diabète de type 1

Equilibre et diversité : la clef

L’idée est d’avoir une alimentation la plus équilibrée et la plus saine possible pour qu’elle soit le plus simple à gérer.
Les trois points majeurs à respecter :
-Il doit y avoir une portion importante de fibres (présent dans les fruits et les légumes majoritairement) à chaque repas
-Les  « féculent » doivent représenter au moins 50% des apports en glucides
-Les sucres rapides ne doivent jamais être pris seuls, toujours à la fin d’un repas ou accompagné d’un apport en protéines et fibres
Comme pour les bien portant, on vise à avoir une charge glycémique basse.

Il est important de connaître ses besoins

Il est important de connaître ses besoins en énergie et ses besoins en glucides. C’est une base qui est nécessaire à l’équipe médicale pour établir la quantité d’insuline à prendre à chaque repas.
Ainsi il vous faut savoir que le matin vous consommez par exemple 50g de glucides, 80g le midi et 60g le soir. C’est une base à connaître. Selon votre traitement il vous faudra consommez exactement la ration ou prévu ou l’adapter à votre faim.

Compter les glucides est indispensable

Compter ses glucides

C’est la partie la plus pénible. Il faut que vous comptiez les glucides de chaque repas. Des petits livrets existent indiquant la quantité de glucides dans chaque quantité d’aliment. Par exemple 100g de pâtes = 20g de glucides.
Au départ, vous pèserez les aliments pour connaître leur quantité et compter vos glucides. Mais par la suite vous retiendrez visuellement les quantités et connaîtrez la quantité de glucides de chaque aliment par cœur. A la simple vue d’une assiette vous saurez combien de glucides elle contient !

Connaître son type de traitement

Le traitement est une prise d’insuline. Il existe différentes modalités de prise d’insuline pour s’adapter au mieux à la vie des personnes touchées :
prise d’insuline en deux fois : une fois le matin, une fois le soir. Peu de prise d’insuline ce qui peut être plus facile d’un point de vue sociale. Cependant, c’est un traitement plus rigide, on ne peut pas toujours manger autant que l’on veut.

prise d’insuline le soir et à chaque repas appelé BASAL BOLUS : Prise d’insuline plus contraignante mais plus de souplesse à chaque repas : l’individu peut changer ses quantité à chaque repas.

prise d’insuline via la pompe : fonctionne de la même façon que le basal bolus.

Zoom sur le Basal Bolus et l’Insulino thérapie fonctionnelle

Basal : signifie que l’insuline sera lente, pour maintenir une glycémie équilibrée entre les repas, une glycémie de base.
Bolus : [préparation a ingéré en une seule fois] signifie que l’insuline sera rapide, pour traiter les glucides des repas

Le basal bolus permet de faire de l’Insulino Thérapie Fonctionnelle : IF. L’IF signifie que l’on adapte la dose d’insuline à la quantité de glucide ingérée. Vous pouvez donc manger plus si vous avez plus faim ou moins si vous avez moins faim. Il vous suffit de prendre plus ou moins d’insuline rapide.
La pratique de l’insulinothérapie a des résultats très positifs sur l’équilibre du diabète.[8bis]

Il ne faut surtout pas abolir les produits sucrés

III – De l’importance de ne pas abolir les sucres rapides dans le diabète de type 1

Il ne faut pas bannir la consommation de sucres mêmes rapides chez les personnes atteintes d’un diabète de type I[9].
Les produits sucrés sont des produits qui participent le plus à notre plaisir psychologique et au plaisir alimentaire
[10]. Les sucres rapides pris à la fin d’un repas ou accompagnés de fibres et de protéines seront traités par l’insuline.
Même si l’écart sucré n’est pas bien compensé par l’insuline et entraîne une hyperglycémie il faut le tolérer. Mieux vaut une petite hyperglycémie ponctuelle qu’une frustration intense amenant à rejeter le traitement en bloc.
Le diabète de type I apparaît généralement pendant l’enfance. Être malade est déjà être différent, ce qui est difficile pour l’enfant[11]. Ne pas manger de produits sucrés apparaît comme une sanction supplémentaire[12]. Les produits sucrés sont d’ailleurs parmi les produits les plus appréciés des enfants.
L’adolescence va ensuite arriver bouleverser tout ce qui a été mis en place et supporter les interdictions sera bien plus dur. Le risque d’apparition de trouble du comportement alimentaire et de complications graves est alors élevé[13]. Il ne s’agit bien sûr pas de tout autoriser à l’enfant, mais il n’y a pas d’intérêt à le frustrer outre mesure concernant les produits sucrés.
Il faut toujours se poser la question « prendrais-je la même décision s’il n’avait pas de diabète ? », car il n’y a pas de raisons d’en prendre une autre. Il faut s’adapter sur le plan du traitement d’insuline.

IV – Les cas fréquents d’interrogation :

Le MacDo® : Comment gérer la consommation de fast food ?
Il est évident que le fast food ne correspondra pas aux 3 impératifs décrits plus haut. Inutile  d’aller au  Macdo® pour consommer une salade. On peut donc prendre un repas standard. On diminuera un peu la quantité d’insuline rapide vu que la majorité des sucres seront absorbés rapidement. On veut éviter l’hypoglycémie. Il y aura donc une hyperglycémie. Oui et tant qu’elle est connue, contrôlée et qu’elle reste dans le cadre du plaisir ponctuelle il ne faut pas s’en priver.

Le Grignotage : C’est un des aspects les plus durs à gérer. En premier lieu mieux vaut être clair et assumer le grignotage. Faut-il pendre une dose d’insuline après grignotage ? Tout dépendra de la quantité, pour un petit bonbon non, pour un vrai grignotage oui.
On va aussi essayer d’accompagner le sucre rapide de fibres (fruits) ou de protéines. Plus le grignotage sera connu, assumé plus il sera possible de le prendre en charge. Il faut en parler pour comprendre son origine et comprendre comment le gérer et le diminuer.

Consommation d’alcool :  L’alcool peut entraîner de fortes hypoglycémies. Il ne faut donc pas boire sans manger. Les cocktails peuvent être une solution alternative, contenant souvent du sucre, sous forme de sucre de cannes ou de jus de fruit.

Le repas est plus long que d’habitude : Un repas de famille qui dure plusieurs heures peut arriver. Dans ce cas on va donner la moitié de la dose avant le repas et le reste après.

Vos ressources

L’Institut St Pierre à Palavas-les-flots est spécialisé dans la prise en charge du diabète. J’y ai personnellement réalisé une partie de ma formation. Au programme : des séjours où vous apprenez à gérer la maladie auprès d’une équipe pluridisciplinaire. Si vous êtes parents, c’est également un moyen prendre du temps pour soi, les repas et la prise en charge de la maladie étant pendant le séjour effectué par l’équipe médicale.

L’association française des diabétiques (AFD) est présente sur toute la france et propose soutient et accompagnement : http://www.afd.asso.fr/

 

 

Notes & Bibliographie

[1] Lamote, S. (2016). Endocrinologie, Diabétologie, Nutrition. Les dossiers de l’iECN.

[2] http://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/diabete-de-type-1-did

[3] Ibid

[4] Ibid

[5] Lamote, S. Ibid

[6] Inserm, Ibid

[7] Université de Bordeaux, Institut Biochimie et génétique cellulaire : http://www.ibgc.u-bordeaux2.fr/lic_bioch/TD2_corpscetoniques.pdf

[8] http://www.who.int/topics/diabetes_mellitus/fr/

[8bis]Halter, C., Guerci, B., Floriot, M., Fay, R., & Ziegler, O. (2009). P140 Une année de pratique de l’insulinothérapie fonctionnelle améliore l’HbA1c et réduit la fréquence des hypoglycémies. Diabetes & Metabolism, 35, A61.

[9] Slama, G. (2010). « Non, le sucre n’est pas interdit aux patients atteints de diabète sucré »,  Le goût du sucre, Paris, Autrement , «Mutations», 176 pages.

[10] Holley A. (2010). « Les racines du goût sucré »,  Le goût du sucre, Paris, Autrement , «Mutations», 176 pages

[11] Wiss, M. and all. (2000). Aspects psychologiques du diabète insulino-dépendant. Revue de médecine de Tours et du centre-ouest. vol. 34. n°5-6. p169-173

[12] Ibid

[13]  Delhaye, M. and all. (2002). Diabète insulino-dépendant et troubles du comportement alimentaire : quel progrès ? Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 160, Issue 8, Pages 565-573

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